Nous demandions il y a quelques semaines que les colonnes enterrées à proximité des lieux patrimoniaux soient déplacées et nous ajoutions :
« Si on nous entend, c’est que le patrimoine a encore une petite valeur, sans quoi Honfleur serait Trifouillis-les-Oies ! »
Eh bien, Honfleur (pour nos élus), c’est Trifouillis–les-Oies.
Ils ont inauguré le 24 mai dernier, devant la presse … les colonnes enterrées ! Et pour ça, ils ont posé devant celles qui enlaidissent la Lieutenance !

Photo Ouest-France
Mais le Maire-Président de la CCPHB n’est pas sur la photo de Ouest-France du 29 mai. Bizarre, lui qui est toujours au premier plan quand il y a la presse. Était-il en vacances ? Était-il souffrant ? Dans ce dernier cas, nous lui souhaitons évidemment un prompt rétablissement, sans aucune ironie.
Bref, nos élus ont inauguré, persisté, signé. Et ils ont argumenté : en réponse à nos critiques, ils ont ressorti leurs « éléments de langage », comme on dit maintenant chez les communicants :
« L’Architecte des bâtiments de France a été force de proposition en matière d’insertion dans l’environnement de ces équipements. Ces derniers ont été usinés sur mesure pour répondre aux spécificités de nos besoins : coloris en cohérence avec le mobilier urbain, dimensionnement des trappes pour les usages professionnels, finition en pavés d’origine. »
Traduction de la « force de proposition » : l’Architecte des Bâtiments de France a dû gentiment suggérer que ces machins soient discrets, placés à une distance raisonnable de la Lieutenance, pas rouge vif, etc.
Pour le « dimensionnement des trappes » (les colonnes enterrées ont été fabriquées en Suisse), on repassera : faudra découper, cisailler, écraser les cartonnettes afin de les glisser dans la trappe étroite.
Quant aux vrais cartons, ceux des colis « professionnels » et des livraisons aux particuliers des achats par internet, ce sera toujours la déchetterie pour les moins pressés et les trottoirs pour les autres.
Mais pour nos élus de la CCPHB et de la Mairie, c’est mission accomplie. Ils sont contents d’eux et ils s’en vantent devant la presse.