Vous avez dit 2024 ?

Après les colonnes enterrées devant la Lieutenance et la Médiathèque, poursuivons notre visite de Honfleur/Trifouillis-les-Oies.

Pour la culture, le bon goût, le tourisme intelligent, il faudra attendre !

Ça ne gêne pas la Ville de Honfleur de défigurer la Lieutenance avec des poubelles, de coller une pancarte sur un mur restauré du XIVe siècle, comme si c’était un magasin du village des marques  :

Mais à l’inverse, sur la façade délabrée des Greniers à sel, on appose un minuscule écriteau quasi illisible qui ne risque pas d’interpeller le passant.

Devant l’église Saint-Étienne, les visiteurs passent, sans voir la pancarte dérisoire du Musée de la Marine.

Le Maire se vante d’héberger le plus petit musée de France, dans un lieu sinistre, pour la plus grande tristesse d’Alphonse  qui aurait dit : « Ci-gît Allais sans retour (pas assez de place) » !

Pour les maisons du quai Sainte-Catherine (les édifices classés les plus photographiés de Honfleur !), pour le Manoir Quiquengrogne, le Manoir Vigneron (musée du Vieux Honfleur) c’est la plus grande discrétion ! Rien ou si peu ! Les promeneurs n’ont qu’à aller à l’Office du tourisme s’ils se posent des questions.

On met les dépendances du Manoir du Désert (XVIe siècle, récemment restauré) à la disposition de particuliers comme lieu de décharge, et on les classe dans le futur PLUi en « zone agricole » !

etc. etc. Cerise sur le gâteau…

2024 :

les 150 ans de l’impressionnisme et

le bicentenaire de la naissance

d’Eugène Boudin

Le 15 avril 1874, se tenait le premier salon des impressionnistes où Eugène Boudin présentait 15 œuvres : 3 tableaux, 8 pastels et 4 aquarelles. C’était il y a 150 ans.

Le 12 juillet 1824, naissait à Honfleur Eugène Boudin. C’était il y a 200 ans, tout pile.

Avez-vous vu des affiches en ville, des annonces sur les panneaux d’affichage faisant mention de ces deux anniversaires exceptionnels ? Avez-vous entendu des élus, des responsables culturels, s’exprimant  sur le sujet ? RIEN !

Ah si, il y a une affiche confidentielle, avec de beaux ciels…

Sauf que la toile reprise ici est… de Gustave Courbet, lequel  n’exposa aucune toile au premier salon des Impressionnistes de 1874 ! En effet, si quelques séjours en Normandie lui inspirent de rares œuvres « de ciels et de vagues », Courbet demeure un réaliste et l’amitié de Monet et de Boudin n’y changera rien. Il ne se revendiquera jamais de l’impressionnisme !

Mais l’équipe du musée Boudin présente fièrement sa trouvaille, sans rire :

« Ci-contre, l’affiche officielle de l’exposition honfleuraise du musée Boudin. Tirée d’un tableau de Gustave Courbet, (1819-1877) ».

N’y avait-il aucune toile de Boudin qui pouvait faire l’affaire ?

Depuis  l’inauguration de l’exposition au Musée Eugène Boudin le 19 avril dernier et jusqu’à maintenant, le catalogue de l’expo n’est toujours pas disponible : « parce les rédacteurs ont pris du retard »… Consternant !

Le Programme des festivités impressionnistes sur le site de l’Office du Tourisme de Honfleur ?

– Le 14 août : 2 visites « insolites » avec des titres différents mais apparemment le même programme : « Dans les rues de Honfleur, suivez le peintre Eugène Boudin et une baigneuse bourgeoise et amatrice d’art du 19ème (sic) siècle !  Lors de cette expérience immersive, etc. ».

– Le 20 septembre : une visite insolite du même tonneau…

Nos responsables locaux de la culture auraient quand même pu imaginer un parcours permanent durant cette année particulière, entre la maison natale d’Eugène Boudin rue Bourdet, le musée qui porte son nom,  les lieux qu’il a peints, son atelier rue de l’Homme de Bois, la ferme Saint-Siméon…

On aurait pu imaginer que le repas organisé chaque été au Jardin des Personnalités où se trouve un buste malheureusement pâlichon de Boudin puise son inspiration dans le « Déjeuner sur l’herbe ». Mais ne désespérons pas, quelqu’un va peut-être reprendre notre idée in extremis

On aurait pu tenter de rééditer l’exploit de la grande exposition de 1992 (du 11 avril au 12 juillet) qui avait accueilli entre les Greniers à sel et le musée Boudin plus de 90 000 visiteurs à une époque où le nombre de touristes dans notre ville ne dépassait pas le million. Évidemment, le catalogue de 1992 avait été mis en vente dès le premier jour… (Il se vend aujourd’hui sur internet plus de 200 € neuf)

On aurait pu imaginer…

Bilan : 1 affiche incohérente, 1 expo bâclée et 3 « visites insolites » à Honfleur pour un bien terne  bicentenaire de la naissance d’Eugène Boudin, l’enfant du pays.

Honfleur, la cité des peintres ? Non, Trifouillis-les-Oies !

Publié par Sauvons Honfleur

Nous sommes un collectif de Honfleurais et de citoyens du « Pays de Honfleur », résidents permanents et secondaires, visiteurs réguliers. Nous sommes attachés à la qualité de vie, au patrimoine, à l’environnement de notre ville. Nous souhaitons alerter quand des décisions officielles, des conditions de vie quotidiennes, des pratiques, nous semblent préjudiciables aux humains, au patrimoine, à l’avenir de notre cité.