Dans le dernier Bulletin municipal d’hiver 2025, nous avons lu, page 35, à la rubrique « Expression politique »: une profession de foi d’un élu de l’opposition et un billet de la majorité municipale qui semble très inspiré par notre maire.
De l’échange et du respect à la haine !
Dans l’espace que la majorité s’est attribué, elle a publié un texte qui nous est allé droit au cœur. Cela commence par le respect de tous, y compris ceux « qui ne partagent pas forcément les mêmes idées ». Alors, cela promet un sacré changement, par exemple lors des conseils municipaux. Vous avez vu l’opposition invectiver la majorité, ou monopoliser la parole à longueur de conseil ? Nous jamais. Le maire déploie-il- un grand « art du dialogue, du débat, de l’échange avec une véritable écoute et un respect sincère » ? S’il s’agit d’un homme de la majorité, à la rigueur mais s’il s’agit d’une femme qui plus est de l’opposition, la simple politesse disparaît. Allez assister à un conseil municipal et vous verrez comment la majorité respecte l’opposition !
« L’intolérance, le non-respect, l’agressivité, la haine, entretenus, développés et suscités sur les réseaux, tout cela nous emmène vers le fonds (sic) et le chaos. » lit-on dans ce texte. Mais il parle de quoi, notre maire ? De l’Amérique de Mr. Trump ? Les 4 000 électeurs honfleurais (74% des inscrits) qui ne se sont pas déplacés aux élections municipales de 2020, ou qui n’ont pas voté pour lui, ils n’auraient pas le droit de s’exprimer sur « les réseaux » ? On met notre maire au défi de trouver dans nos articles ou messages de la haine, de l’agressivité, de l’intolérance. De la contestation, oui, de l’humour, voire de l’ironie, certes, mais cela ne vise pas les personnes, seulement leurs idées et leurs actes.
Nous conduirions Honfleur vers le fond et le chaos ? Le chaos, c’est Charlie, des journalistes assassinés pour avoir usé de leur droit à la liberté d’expression. Le maire, les adjoints, sont-ils menacés par les écrits de Honfleurais diffusés sur les réseaux ? Nous utilisons simplement les moyens à notre disposition, en toute liberté pour exprimer notre point de vue. Si le non-respect, c’est la critique argumentée, alors oui, nous en usons et c’est notre droit de citoyens à la libre expression de nos idées.
Qui écoute les Honfleurais ?
C’est sûr, notre maire voudrait bien « convaincre » et « partager (avec tous les électeurs) « ce sentiment de tolérance, d’acceptation, d’ouverture et d’écoute » mais seulement à son profit. Or, il y a des citoyens honfleurais qui écoutent le maire, ses promesses non tenues, ses projets démesurés, qui voient aussi de leurs yeux la réalité quotidienne, et qui n’acceptent pas :
- le futur centre aquatique qui va lourdement endetter la commune et la CCPHB pour 25 ans, (signez la pétition de Laisse Béton sur https://chng.it/wQmGCY7zH9 )
- les 2 ans d’attente pour obtenir un logement social,
- les millions de touristes qui font exploser le prix de l’immobilier, qui vous piquent les places de parking, qui continuent à balancer des sacs-poubelles n’importe où malgré les fameux moloks,
- les chantiers immobiliers à répétition, ces immeubles dans lesquels ils n’auront pas les moyens de louer ou d’acheter un appartement,
- l’emprise des constructions commerciales et industrielles sur les zones agricoles et les zones humides,
- la pollution de l’air, sans signalement en ville lors des épisodes « rouges »,
- l’exclusion des personnes à mobilité réduite du centre-ville et pas seulement des quartiers historiques,
- les friches du patrimoine immobilier de la commune qui se dégradent d’année en année, et il y en a un paquet, du simple bâtiment inoccupé à l’espace Lequillerier ! etc. etc.
Pour être « plus proches les uns des autres », il ne suffit pas que le maire reçoive dans son bureau avec le sourire et la gentillesse que tous les Honfleurais lui connaissent, les désespérés, quelques né-natifs de moins en moins nombreux, (les copains-copines aussi) et de leur donner quelques miettes ou de les endormir avec des promesses. Il ne suffit pas, un an avant les élections, de « communiquer » sur le Canteloup, de refaire quelques rues ou de rénover les réseaux d’eau potable et usées comme cela aurait dû être fait régulièrement depuis 30 ans. Pour être proche des Honfleurais, il faut écouter leur mal-être, leur mal vivre à Honfleur, eux qui aiment leur ville autant que le maire, mais qui constatent que cette ville n’est plus la leur, qu’elle est devenue l’eldorado des spéculateurs immobiliers, un décor pour les selfies, un domaine commercial pour touristes consommateurs, etc.
Il faut aussi, surtout, agir en respectant tout le monde, y compris les 4 000 personnes qui n’ont pas voté pour la majorité, et savoir se remettre en question. C’est cela la vraie démocratie… et cela n’a rien à voir avec la « com’ » du Bulletin municipal qui insulte les Honfleurais en les prenant pour des nigauds !
Bien sûr, nous parlons surtout de « ce qui ne va pas » ! Pour ce qui va bien, il y a 34 pages dans chaque Bulletin municipal. Qui donc fera remonter aux oreilles de nos élus ce qu’ils n’entendent plus, sinon les « réseaux » ?
Nous continuerons donc à nous exprimer en toute liberté et à suggérer à notre maire qu’il s’applique à lui-même le devoir de respect à l’égard de ceux qui ne partagent pas ses idées !