« Les villes où il fait bon vivre » paraît-il

Not’bon maire n’a pas fanfaronné à propos du classement de Honfleur parmi les « Villes où il fait bon vivre ». Ouest-France nous a révélé en effet, en février dernier, que « la plus forte chute parmi les communes de la Côte fleurie est donc Honfleur qui perd 36 places dans le classement général. » Non sans ajouter perfidement : « La plus belle évolution dans la Côte fleurie est celle réalisée par Deauville qui pourrait bien voler la vedette à Honfleur l’an prochain ».

Qu’est-ce que c’est ce classement des « Villes où il fait bon vivre » ?

On a trouvé l’analyse de Matthieu Adam, chercheur au CNRS, interviewé par Télérama le 21 février 2025. Il décrypte ce label : un outil de communication surtout destiné aux investisseurs. « [Ce classement]  est réalisé par une association fondée par un communicant, Thierry Saussez, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, en partenariat avec le JDD et la Fédération nationale de l’immobilier. »

Un détail en passant mais qui en dit long sur le business du Label : « l’association propose aux cinq cents premières communes de chaque catégorie d’utiliser son label « ville ou village où il fait bon vivre », contre 600 euros pour les plus petites et jusqu’à un peu moins de 5 000 euros pour les plus grandes. »

Ce classement n’est pas uniquement fondé sur les 200 critères objectifs choisis par l’association. « La situation des communes sur chaque critère leur confère des points, qui sont ensuite pondérés selon un ordre d’importance déterminé par un sondage de l’institut OpinionWay. » note le chercheur. Ainsi, 10 catégories sont proposées à un échantillon de 1 000 personnes, qui leur accordent un indice de priorité entre : qualité de vie, sécurité, protection de l’environnement, finances et impôts locaux, santé, commerce, transports, éducation, sport et loisirs, solidarité, attractivité immobilière.

Matthieu Adam nous explique tout cela :  « La catégorie liée au logement se nomme « attractivité immobilière » car elle s’intéresse davantage à l’investissement des multipropriétaires qu’à l’accession à l’habitat des locataires : une commune gagne des points lorsque les prix du mètre carré y augmentent ! (…) Ce n’est pas le classement des villes où il fait bon vivre, mais plutôt celui des villes où il fait bon investir. »

Quant à la qualité de vie, le chercheur est clair : « Dans la catégorie très floue « qualité de vie », le premier critère est le nombre de créations d’entreprises… Les communes gagnent des points si elles ont beaucoup de diplômés ou d’hébergements touristiques. »

Et notre chercheur au CNRS conclut l’entretien avec Télérama sans ambiguïté : « [Ces classements] entrent dans une logique d’accompagnement du « marketing territorial » (…) la croyance selon laquelle les villes et les territoires sont en compétition les uns avec les autres pour attirer des investissements, des entreprises, des ménages solvables et des touristes. »

Quelques exemples effarants sur les « critères » de classement

Sur le site des « Villes et Villages où il fait bon vivre » , on a trouvé des détails qui complètent l’analyse de notre chercheur. https://www.villesetvillagesouilfaitbonvivre.com/palmares/methodologie

Pour le logement, plus il y a de propriétaires par rapport au nombre de locataires (permanents évidemment), plus la commune obtient des points

Pour la santé, ce n’est pas le taux de maladies chroniques, de mortalité précoce, de handicap, qui compte : c’est le temps de trajet pour aller chez le médecin ou à l’hôpital, la maternité, la maison de retraite ! Plus il est court, plus la commune obtient des points.

Pour l’éducation, idem : c’est le temps de trajet pour aller à la maternelle, la primaire, le collège, le lycée et l’université qui compte.

Pour la solidarité, 3 petits critères (contre 17 critères pour les commerces et services !) Et bingo, c’est encore le temps de trajet qui compte pour aller à France-Travail, au service des logements sociaux ou à l’aide à l’enfance.

Et pour le sport, encore le temps de trajet…

En somme, les « villes où il fait bon vivre » sont en réalité les villes où il fait bon investir, où la qualité de vie des habitants est sans intérêt. Ce qui compte, c’est qu’ils aient une bagnole et combien de temps ils mettent pour aller chez le médecin ou à l’hypermarché. Ce sont des villes où l’immobilier, le business touristique sont les valeurs premières.

Conclusion

Si Honfleur a perdu des places dans ce classement, franchement on s’en fout ! On s’en réjouirait même. Ce que nous savons tous, nous les Honfleurais, c’est qu’il ne fait pas bon vivre à Honfleur :

  • si on est payé au SMIC et même un chouia plus,
  • si on n’est pas propriétaire,
  • si on est vieux ou malade ou chômeur,
  • si on habite là où vont, mangent, stationnent, font leurs courses et dorment les touristes qui nous pourrissent la vie de mai à septembre, plus tous les week-ends d’automne et d’hiver.

Et si vous pensez « qu’on critique toujours », regardez ces photos prises pendant le week-end de l’Ascension à Honfleur. Il aimerait vivre à côté de ces montagnes de détritus, not’bon maire ? Bof, ce n’est pas son problème, il habite à Fourneville depuis belle lurette…

Publié par Sauvons Honfleur

Nous sommes un collectif de Honfleurais et de citoyens du « Pays de Honfleur », résidents permanents et secondaires, visiteurs réguliers. Nous sommes attachés à la qualité de vie, au patrimoine, à l’environnement de notre ville. Nous souhaitons alerter quand des décisions officielles, des conditions de vie quotidiennes, des pratiques, nous semblent préjudiciables aux humains, au patrimoine, à l’avenir de notre cité.

Un avis sur « « Les villes où il fait bon vivre » paraît-il »

  1. J’ai 2 motifs, au moins, de mécontentement (euphémisme) :

    1. le plus scandaleux : Le PLU.
      • les maires du canton ont tous (semble-t-il) abandonné leurs prérogatives en matière de permis de construire au profit du SIVOM qui est noyauté par des fonctionnaires sous la coupe de leur administration dont les intérêts divergent sérieusement de ceux des administrés. Nous avons appris par le plus grand des hasards (car évidemment, tout s’est passé en catimini) que le PLU avait remplacé les POS et COS et qu’une nouvelle nomenclature s’imposait désormais aux citoyens. Pour la petite histoire, nous avons posé une demande de construire pour un car port et la réponse a été négative. Nous avons obtenu un entretien avec le service du SIVOM qui nous a largement remis à notre place de « rien du tout » ! C’était à nous de nous enquérir des réunions d’utilité publique et non à l’autorité publique de nous tenir au courant !
      • Il y a donc désormais des territoires « constructibles » et des « non constructibles » (pour simplifier) … et nos terrains, que nous avons acquis il y a 40 ans sont passés par un vilain tour de passe passe du fait du Prince « agricoles » ! J’ai posé la question de ce qu’il était possible de faire comme culture sur un carré de terrain … Mais j’attends toujours la réponse !
      • Des voisins ont tenté de s’ériger contre cette injustice en arguant du fait qu’ils avaient à l’époque de l’acquisition le projet de céder une partie de leur terrain à leurs enfants pour qu’ils s’y installent et y construisent, mais ils ont essuyé un revers brutal et condensé : « NON » !
    2. La cale en V du quatrième bassin de Honfleur.
      • La cale en V sert à la mise à l’eau des bateaux (petits car les cale n’est pas grande).
      • Il faut savoir qu’une structure commerciale s’est créée avec divers affairistes qui se sont approprié la gestion des biens portuaires de Honfleur en accord avec le port autonome de Rouen délégataire. La structure s’appelle : « Ports du Calvados ». Il s’agit, je crois, d’une sorte d’EPIC ou quelque chose de ce genre avec des associés privés … bref, un truc simple !
      • Voici ce que j’ai écrit en 2024 quand j’ai appris cette triste nouvelle : NON, la plaisance n’est pas une activité de riches bourgeois ! Les marins amateurs qui mettent leurs bateaux à l’eau à la cale ne roulent pas sur l’or, ça se saurait ! Ce sont des personnes qui possèdent une petite embarcation légère facilement manœuvrable mais entretenue avec amour parce qu’activité de loisirs souvent  unique. Taxer la cale de mise à l’eau, c’est racketter les petits au profit des riches, comme d’habitude ! Les riches mettent pas leur bateau à l’eau par la cale, ils ont des yachts luxueux, immenses et puissants qui n’y entreraient pas. Pourtant, eux, ne sont pas à 7 € près ! Ils se font déposer dans l’eau par des grues et ils paient un anneau hors de prix dans le port de plaisance où ils laissent leur magnifique bateau de 500 CV (ou plus) faire trempette à l’abri des tempêtes ! Ils y dorment et y bouffent, ils ont l’eau courante et l’électricité … ils y prennent des douches et ils y font des galipettes avec de jolies poupées bien roulées ! Les propriétaires de petits bateaux mettent leur coque de noix à l’eau juste pour une petite sortie d’un jour grand maximum, de quelques heures le plus souvent ! Ils piquent-niquent parfois d’un sandwich et d’une canette de boisson sucrée … mais non, ils ne prennent pas de douches et ne dorment pas dans leur embarcation ! leur faire payer 7€ la sortie de quelques heures, c’est les écœurer d’avoir comme loisir un frêle esquif !

    Je ne sais pas si vous serez intéressés par mes élucubrations ?

    Je reste à votre disposition.

    Cordialement.

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