« Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. » Confucius serait l’auteur de cette maxime qui nous est revenue à l’esprit en regardant la page Facebook de l’association « Honfleur : l’art de vivre ensemble ».
Jean-Paul Deysine y écrivait le 14 novembre ce commentaire sur l’utilisation d’un pseudonyme, en citant le cas de « Sauvons Honfleur » :
« Ce n’ est pas respectueux des gens qui peuvent lire ce qu’on met. Dans notre association, notre bureau est à visage découvert, et le bureau est médiatiquement connu. On ne peut que regretter que ça ne soit pas le cas d’autres associations . Laisse béton en est une. Sauvons Honfleur en est une autre, surtout quand on me dit qu’une personne qui se présente à la mairie est un de ceux qui écrit, notamment le post diffamatoire contre notre secrétaire de mairie aimée et respectée . On peut ne pas être d’accord, c’est la démocratie. Mais avoir le visage masqué , n’est vraiment pas ma façon de faire de la politique, et de travailler pour Honfleur. »
Le visage masqué ?
Le Discours de la Méthode de René Descartes a été publié anonymement. Et Jean-Marie Arouet, vous connaissez ? Son pseudo était Voltaire. Henri Beyle possédait plus d’une centaine de pseudonymes dont le plus connu est Stendhal. Vous avez lu Tintin, les BD de Hergé ? C’était le pseudo de Georges Remi . Dans le domaine sportif, va-ton reprocher à Edson Arantes do Nascimento d’avoir choisi le pseudo de Pelé ? On continue avec les acteurs, les groupes de chanteurs (Daft Punk), voire de scientifiques ? Nicolas Bourbaki est le pseudonyme d’un groupe de plusieurs mathématiciens ayant souhaité rester anonymes à titre individuel. Quant aux dessinateurs de Charlie Hebdo, Cabu, Charb, Honoré, Tignous, assassinés le 7 janvier 2015, ils signaient d’un pseudonyme. Toutes ces éminentes personnes ne respecteraient pas leurs lecteurs, leurs fans ou leurs supporters ?
Notre groupe a un objectif commun : sauver Honfleur. Qui écrit nos articles ? L’idée vient de Laetitia, Jean-Paul fait le plan, Thomas rédige, Muriel corrige, etc. Quelle importance ? Ce qui nous intéresse c’est l’article dans sa forme finale, le message que nous souhaitons diffuser, et évidemment nos lecteurs que notre pseudonyme commun ne gêne pas du tout. N’en déplaise à M. Deysine.
La démocratie n’est pas une affaire de carte d’identité, elle garantit la liberté d’expression de tous, y compris celle d’un collectif, dans un journal, un site internet, une page Facebook.
Un post diffamatoire ?
Nous aurions diffamé la collaboratrice de cabinet du Maire dans notre article sur le rapport de la Chambre régionale des comptes. M. Deysine la désigne comme « notre secrétaire de mairie aimée et respectée ». Nous n’avons jamais écrit un seul mot sur cette personne mais sur les irrégularités relevées par la Chambre régionale des comptes concernant ses attributions et son emploi, décidés par le Maire.
Nous ne confondons pas la personne et les faits, le doigt et la lune. Nous avons reproduit textuellement les recommandations de la Chambre.
Recommandation n° 3. (Régularité) : « Mettre fin à la subdélégation irrégulière octroyée à la collaboratrice de cabinet et préciser celles des élus (L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales). »
Nous avons relevé dans les annexes du rapport officiel que le Maire a pris un arrêté le 12 mars 2025, après le passage des enquêteurs de la Chambre régionale des comptes pour mettre fin à la délégation de signature de la collaboratrice de cabinet. À l’article 2 de cet arrêté on lit : « Monsieur Michel LAMARRE, Maire de la ville de Honfleur, décide d’abroger l’arrêté n°2021-54 portant délégation de signature à Madame … en sa qualité de collaboratrice de cabinet ». Où est notre diffamation ?
Recommandation n° 10. (Régularité) : « Régulariser les emplois de cabinet (article L. 556-1 du code général de la fonction publique). L’article L. 556-11 du code général de la fonction publique pose le principe de la limite d’âge des emplois de contractuels de droit public à 70 ans. L’actuelle titulaire de cet emploi ayant dépassé cette limite fixée par la législation en vigueur, la commune de Honfleur aurait dû mettre fin à son contrat de travail, et ce, indépendamment de la qualité de ses états de service. La chambre demande au maire de mettre fin à ce contrat de travail irrégulier. »
Où est la diffamation dans notre citation ? La loi précise que « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne (-…) est une diffamation ». Non seulement nous n’avons pas diffamé cette personne mais la Chambre régionale des comptes a même noté la qualité de ses états de service et nous avons recopié cette remarque ! M. Deysine, lui, s’attaque à nous, pas à notre texte qui est pour l’essentiel celui de la Chambre régionale des comptes. Diffamation !
On lui a dit que l’un d’entre nous se présentera aux prochaines élections ce qui, pour M. Deysine, aggrave notre cas… Cela nous a bien fait rire ! Et lui ? Il ne sera pas directeur ou conseiller de campagne de la liste post-Lamarre ?
Franchement, on s’en moque comme de colin-tampon, pas de M. Deysine, mais de son rôle dans la campagne électorale et des « leçons de démocratie » qu’il prétend nous donner, sans pseudonyme.
Il devrait lire plus attentivement les articles de Sauvons Honfleur et ne pas regarder le doigt quand on lui montre la lune…