Tchao M’sieur le Maire, les gamins vous saluent bien

Après le cadeau de Nicolas Pubreuil /Deysine en décembre, nous avons reçu en janvier celui de « not’ bientôt ex-bon maire » : sa déclaration officielle de se retirer de la compétition électorale et de passer le relais à Nicolas Pubreuil. Quatre pages : trois pour l’actif de ses 30 ans de présence à la tête de la Ville, une dernière pour lever le « suspens » qui angoissait nuit et jour tous les Honfleurais depuis un an : va-t-il se représenter ? Si non, à qui va-t-il laisser la place ?

(Voir ce 4 pages sur: https://sauvonshonfleur.fr/wp-content/uploads/2026/01/lamarre-4-pages-janvier-2026.pdf)

D’abord, bravo Michou ! On ne connaît pas le nom du rédacteur du texte mais ce quatre pages, c’est du cousu main ! Pour un peu on supplierait Michou de rester. Le brave homme ! Sur toute la première page, il nous dit qu’il a toujours voulu nous rendre heureux, partager nos espoirs et nos peines, nous sa famille, nous qui avons donné un sens à sa vie. On en pleurerait, nous ses gamins.

Pour finir cette première page, juste deux lignes et demie sur le soutien des conseillers municipaux au cours de ses trente ans de règne sans partage. C’est bien suffisant, c’est Michel Lamarre le chef quand même! Aucun maire de Honfleur n’a fait mieux. Attention, seulement sur la durée ! Car pour le reste…

Le bilan de 30 ans

Le reste, parlons-en : sur deux pages d’autosatisfaction, Michel Lamarre voudrait nous faire croire que Honfleur, c’est la ville idéale, l’œuvre d’un grand maire qui marquera Honfleur pour la postérité ! 

  • « offre commerciale super » dit-il. Les commerces poussent surtout sur la « zone d’activités » qui faute d’activités tente de devenir un espace commercial, hélas mal desservi par les transports en commun. Essayez donc les liaisons aller-retour Plateau/avenue de Normandie ! Vous êtes pas prêts d’y revenir. En ville, les commerces de proximité disparaissent, il n’y a plus de boucherie, les boulangeries ferment les unes après les autres (rue Saint-Léonard puis récemment rue du Dauphin), les épiceries finissent en vrac. Les boutiques de chaussures ou de vêtements pour enfants baissent le rideau. L’agence de voyages, elle aussi, l’a tiré…
  • culture au top paraît-il, grâce aux associations (merci à elles !) et à la restauration/agrandissement du musée Boudin toujours en projet depuis… 20 ans au moins,
  • « offre de santé remarquable », dit-il (merci au Dr Deysine). Mais Michel Lamarre oublie l’essentiel : « son » hôpital de proximité est aujourd’hui à Cricquebœuf, aux portes de Trouville-Deauville, jadis il était en haut de la côte d’Équemauville, juste au-dessus de Honfleur. Une proximité maintenant très relative pour tous les Honfleurais. La maternité ? Il n’y en a plus. Son déplacement aux portes de Trouville-Deauville, loin des jeunes mamans de l’Eure, lui a été fatal. Bravo ! Quant aux personnes âgées, elles sont désormais exilées à Équemauville. Finies les maisons de retraite, en ville.

L’offre de santé est remarquable par son absence de proximité. Il y a bien un centre médical mais il est implanté au point le plus éloigné des nouvelles populations honfleuraises du Plateau ou de l’est de la ville en plein développement. Et les nouveaux arrivants peinent à y trouver un médecin référent. Les docteurs affichent complet.

  • logements sociaux (Carnot et Plateau) dans un « environnement végétalisé » et l’année prochaine des saisonniers logés … au camping, dit-il. Alors qu’on ne compte plus les propriétés bâties de la commune qui pourraient être restaurées et les accueillir.
  • pour le social, c’est le paradis des pauvres (épicerie sociale et Restaus du cœur, insertion pour les plus démunis, tout ça grâce aux associations, aux bénévoles, encore merci !) et surtout « écoute des habitants les plus modestes » , ça ne mange pas de pain et ça leur fait plaisir ;
  • pour l’environnement, c’est le top avec la station d‘épuration en 2005 ( il y a 20 ans … mais des eaux usées se déversent toujours dans la Claire et le Vieux Bassin) et une crèche écologique en … 2007 (il y a 18 ans…)
  • création du jardin de personnalités en 2004… (21 ans… il a fallu refaire les statues, forcément, c’était pas du bronze !) ;
  • côté finances, « des impôts et des tarifs municipaux stables depuis 8 ans, » dit-il. Mais avant c’était plutôt la hausse frénétique : la taxe d’habitation avait doublé en vingt ans de 8,10% en 1996 à 16,58% en 2016. Et Michou n’a pas perdu la main en tant que président de la communauté de communes : en 2016, le taux de la taxe foncière perçue par la CCPHB sur les propriétaires honfleurais était de 1,98%, en 2021 il était de 4,86 % et en 2024 de 7,75%, soit quatre fois plus en huit ans.

Fastoche de réduire l’endettement de la commune qui est passé de 19 millions d’euros à 5,6 millions en 30 ans quand chaque année on fait les poches des Honfleurais. Et qu’on a les parkings pour touristes, un jackpot, surtout celui du bassin du Centre.

On vous le dit, Michou en a fait des cadeaux à Honfleur, quand même ! Soyez pas ingrats les gamins.

Il en a même oublié dans son quatre pages d’ajouter que grâce à lui, il y a maintenant « 5,2 millions visiteurs par an » à Honfleur, comme il le répète pourtant à l’envi ! Ouest-France vient de publier le chiffre de la fréquentation du Mont-Saint-Michel en 2025 : 2,8 millions pour cette star touristique classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis près d’un demi-siècle. Minable à côté de Honfleur ! Bon, il a toujours été un peu fâché avec les chiffres, Michou (son institutrice nous l’avait bien dit) mais quand même…

L’héritage soigneusement caché

Michel Lamarre n’aborde pas quelques autres broutilles qu’il nous laisse en héritage, trois fois rien, mais « c’est déjà beaucoup » lui aurait dit Raymond Devos auquel il avait dédié une école honfleuraise disparue aussi vite qu’elle était apparue.

  • Le rapport de la Chambre régionale des comptes qui est tombé en 2025 : 11 recommandations, dont neuf pour irrégularités concernant :
    • l’emploi irrégulier de la collaboratrice de cabinet ayant dépassé depuis belle lurette la limite d’âge autorisée dans la fonction publique,
    • le contrôle interne des ressources humaines insuffisant,
    • le suivi et la vérification de l’usage des véhicules de service qui laisse à désirer,
    • l’octroi d’heures supplémentaires ou le mandatement des frais de réception injustifiés,
    • l’octroi, sans délibération ni déclaration, d’avantages en nature de stationnement,
    • des astreintes non conformes à la délibération ou à la réglementation,
    • le bénéfice de logements pour « nécessité de service » non justifiés.
  • Le rapport du cabinet KPMG sur l’action du Centre communal d’action sociale (CCAS) relève des problèmes sérieux :
    • des assistantes sociales avec des délais trop longs pour les rendez-vous et le traitement des dossiers, 
    • la tarification des services aux publics sans prise en compte des situations sociales, un accompagnement financier trop faible et des acteurs intervenant sur la question peu visibles,
    • des personnes peu mobiles et une population âgée ne pouvant plus se déplacer peu à peu,
    • des logements d’urgence insuffisants en nombre et en durée d’accueil, le manque de logements pour les jeunes et les saisonniers (véritable frein à l’emploi),
    • peu d’actions de formations directement sur le territoire (centralisation des outils à Lisieux), et la fermeture du PLIE (Plan local pour l’insertion et pour l’emploi, présidé par Nourdine Barqi, adjoint au maire de Honfleur) à cause de  « la baisse significative de nos bénéficiaires et la difficulté de les mobiliser sur nos actions » dixit Nourdine Barqi (ajoint),alors que le taux de chômage à Honfleur est de 17%   (contre 7,7% au niveau national). « Les bénéficiaires du PLIE diminuent » mais le chômage augmente !  Va comprendre, Charles, y’aurait pas comme un problème de réflexion ? de stratégie ?
    • la prise en charge des addictions à Honfleur qui exigerait une réelle permanence, pas seulement un secrétariat mais une véritable antenne du CSAPA de Lisieux (Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie)…
  • La chute de la population honfleuraise due en grande partie à la spéculation immobilière grâce aux avis favorables du maire de Honfleur sur les demandes de permis de construire. Les prix des loyers et du mètre carré à l’achat ont fait fuir les Honfleurais vers les communes avoisinantes : 8 178 habitants en 1999, 6 640 en 2023, soit une perte de 1 538 habitants (19%) en 24 ans.
  • Une spécialité honfleuraise : les logements vacants ! En 2021, le pourcentage de logements vacants est de 13% à Honfleur ! À Deauville, il est de 3,9%… et de 8,1% au niveau national (Paris compris…)
  • Les échafaudages sur deux maisons du quai Sainte-Catherine fermées (commerces et habitations), la fermeture de deux autres commerces dans une maison du même quai, sans oublier les tapis au sol de l’église Sainte-Catherine pour camoufler les fissures sous les colonnes centrales. Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) du « site patrimonial remarquable » date de 2001… La commission locale chargée de surveiller le « secteur sauvegardé » (aujourd’hui « site patrimonial remarquable ») ne s’est jamais réunie au cours des trente années de règne de Michel Lamarre, ce qui explique grandement le laisser-aller constaté par tous au cœur du site historique de Honfleur.
  • Des friches patrimoniales indignes :
    • l’espace Lequillerier s’écroule derrière sa bâche depuis plus de 30 ans. Michel Lamarre a reculé devant plusieurs projets et il a oublié celui de Musée de l’histoire de Honfleur prévu à cet emplacement ;
    • l’ancien lycée Albert Sorel, laissé à l’abandon, est infesté de mérule depuis des années alors que cet ilot en centre-ville, avec le vétuste musée Boudin, mériterait une restructuration particulière comme l’ont fait d’autres élus dans des villes voisines ;
    • le bâtiment en briques (un édifice portuaire du XIXe siècle) derrière la gare routière attend une nécessaire réhabilitation. Sa disparition était programmée avec le recreusement du bassin du Centre. Mais ce projet-phare de l’ère Lamarre n’a heureusement jamais vu le jour.

Les vieilleries, c’est pas son truc à Michou, il préfère les beaux immeubles flambant neufs des promoteurs. Pour restaurer la chapelle Notre-Dame de Grâce, il n’a pas hésité à faire la quête. Les laïcs ont levé les yeux au ciel. Ah, s’il avait fait la manche, aurait soufflé Devos !

  • Ne parlons pas du quotidien, du ras-le-bol permanent à cause du surtourisme, de la circulation où les embarras de Honfleur valent ceux de Paris, du stationnement cauchemardesque, des pavés déchaussés, des chaussées envahies par les tables des restaurateurs, des trottoirs défoncés….

Sans compter les promesses non tenues… Mais bon, 30 ans c’est court. Quoi qu’il en soit, avec Nicolas Pubreuil, la vie continuera comme avant, avec le centre aquatique et un casino. Allez les gamins, roulez

Publié par Sauvons Honfleur

Nous sommes un collectif de Honfleurais et de citoyens du « Pays de Honfleur », résidents permanents et secondaires, visiteurs réguliers. Nous sommes attachés à la qualité de vie, au patrimoine, à l’environnement de notre ville. Nous souhaitons alerter quand des décisions officielles, des conditions de vie quotidiennes, des pratiques, nous semblent préjudiciables aux humains, au patrimoine, à l’avenir de notre cité.

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