Nous vous avions promis d’être muets pendant la campagne électorale. Seulement voilà, certains d’entre nous s’ennuient un peu et l’une de nos plumes a proposé un article qui ne contrevient pas à notre engagement de neutralité et qui nous a bien divertis: Michou s’en va et aucune liste n’a abordé la question des lieux pour faire pipi à Honfleur. Alors, voici un petit intermède en attendant les élections.
» Vespasien n’a vraiment pas inspiré not’ bon maire !
Le premier était un empereur romain (Ier siècle après J. C.) , le second, le maire-roitelet d’un village gaulois augeron (XXe et XXIe siècles après J. C.).
Le premier instaura l’impôt sur l’urine collectée dans les latrines publiques de Rome, le second préféra surtaxer les Honfleurais sans toucher au pipi ! Pis, il laissera se dégrader, aux yeux de tous, la seule vespasienne restante à l’ouest de la Seine. Circonstance aggravante, elle est installée, depuis toujours, juste à côté du Monument aux morts, là où jadis les paysans venant au marché du samedi laissaient chevaux et carrioles alignés dans cette demi-lune.
Les ans ont passé, les équidés et les charrettes ont disparu mais la vespasienne est restée. Et aujourd’hui, c’est un édicule rouillé et souillé. Et elle pue depuis des décennies ! Les riverains, exaspérés par ces odeurs nauséabondes, ont réclamé à de multiples reprises son départ. Ils en ont pissé de la copie! Mais not’ bon maire, qui soigne désormais sa sortie, s’est toujours retenu de leur donner satisfaction.

A côté de l’antique vespasienne, not’ si bon maire a même eu le culot d’installer des toilettes publiques. Pas des sanisettes, si pratiques et utiles dans d’autres endroits, il n’aime pas le mobilier urbain version Decaux pourtant utilisé dans le monde entier. Non, roitelet en son royaume, il a fait construire localement des abris pour prendre le bus mais ils sont souvent ouverts à tous vents et à la pluie faute de flancs. Et bien sûr, ses toilettes publiques ont un look particulier dans leur chalet couleur locale. Mais ces WC lamarriens sont toujours clos sans que l’on sache pourquoi : vous n’avez pas à le savoir qu’on leur a dit à la mairie !
Un plaisantin, un rien cinéphile, un brin allaisien, rencontré sur le Quai des Menteux où je lui faisais part de mon infortune me glissa malicieusement : « Les vécés étaient fermés de l’intérieur » (XXe siècle après J. C.). J’avais envie de lui sonner les cloches mais je me suis contenu. Car je me suis souvenu qu’à l’autre bout de notre vieille ville, le clocher Sainte-Catherine, monument emblématique (XVe siècle après J. C.)., est très connu des touristes surtout parce qu’il abrite des pissotières gratuites. Jadis, elles étaient derrière l’édifice patrimonial, côté rue des Lingots mais nos élus, qui ne reculent pas devant le ridicule, ont décidé de transférer l’édicule : juste à côté de l’entrée payante du clocher. Face à l’Église Sainte Catherine !
A Honfleur, on a toujours aimé, hélas, transformer nos plus belles reliques en vespasiennes. Souvenez-vous de celles de la Lieutenance. Pendant des décennies, le seul endroit accessible au public de cet autre monument emblématique de notre ville, c’étaient des pissotières installées à son chevet, face au Vieux Bassin.
Là aussi, les Honfleurais grognaient, mais c’est comme s’ils avaient pissé dans un violon. Il leur a fallu attendre la restauration très tardive de la Lieutenance pour les voir enfin disparaître.
On a vraiment l’impression que dans notre ville, au passé si glorieux, notre patrimoine architectural et de mémoire compte pour du pipi de chat. »
bonjour je vais vous suivre car votre critique est intéressante et justifiée
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